
Julien Vincent, ingénieur de recherche CNRS au sein de l’équipe Thermomécanique du Contact Rapide (TCR) du LEM3, a reçu la médaille de Cristal du CNRS 2026. Cette distinction récompense ses travaux innovants sur le développement de dispositifs de mesure multi-physique en conditions extrêmes, appliqués notamment à l’étude des contacts rotor-stator dans les turboréacteurs.
Passionné par la mécanique et les technologies liées aux moteurs thermiques (avions, véhicules, hélicoptères), il a construit sa carrière après un diplôme d’ingénieur de l’École Nationale d’Ingénieurs de Metz et un doctorat réalisé en convention CIFRE entre Safran Aircraft Engines et le LEM3. Ses travaux, initiés en partenariat avec Safran dès 2011, se concentrent sur l’étude des contacts rotor-stator dans les turboréacteurs, un domaine exigeant des solutions techniques innovantes.
Des innovations au service de la plateforme procédés du LEM3
Responsable du plateau technique Contact rapide au LEM3, Julien Vincent a conçu un banc balistique unique au monde, permettant de mesurer les forces de contact dans des conditions extrêmes : très grandes vitesses, hautes températures et espaces confinés. Son approche multi-physique et multi-échelles intégrant des capteurs d’efforts, de température (avec et sans contact) et des systèmes d’acquisition d’images, offre une compréhension inédite des mécanismes d’usure et du comportement des matériaux.
Ses recherches, appliquées aux moteurs aéronautiques, contribuent à la transition énergétique en optimisant les performances et la sécurité des turboréacteurs. Par exemple, il étudie les revêtements abradables déposés sur les carters, qui agissent comme des fusibles mécaniques pour protéger les pales lors de contacts accidentels. Une avancée clé pour réduire les fuites de gaz sous pression et améliorer le rendement des moteurs.
Instrumentation et applications balistiques
Julien Vincent a également développé une instrumentation dédiée à un deuxième canon à gaz pour évaluer la tenue à l’impact des pièces de turboréacteur. Ces tests, inspirés de la balistique, simulent des impacts contrôlés sur des composants réels dans des conditions variées. Ses travaux aident à concevoir des matériaux et revêtements capables de résister aux sollicitations thermomécaniques extrêmes, aussi bien pour des applications civiles que militaires.
Engagement pédagogique et collaboratif
Parallèlement à ses recherches, Julien Vincent encadre des étudiants en ingénierie et des doctorants spécialisés en tribologie extrême. Il développe aussi des outils expérimentaux, des capteurs et des solutions de traitement du signal pour répondre aux besoins de son équipe. Son rôle ne se limite pas à la recherche : il contribue également à des projets transversaux, comme la gestion de données, le partage d’informations et la programmation d’outils collaboratifs, renforçant ainsi la cohésion et l’efficacité de son laboratoire.
Une reconnaissance partagée
Très honoré par cette distinction, Julien Vincent la considère comme une reconnaissance collective, saluant le travail de son équipe et de son laboratoire. Cette médaille s’ajoute à ses autres récompenses, notamment dans les domaines du cyclisme et de la course à pied, où il pratique le trail et les courses d’endurance, une passion qui lui permet de s’évader hors des laboratoires.
Pour en savoir plus, consultez l’article complet du CNRS Ingénierie :
Julien Vincent, lauréat de la médaille de Cristal du CNRS 2026




